Un espace géré

Le plan de gestion

Gérer un milieu naturel protégé, c’est agir (ou ne pas agir) pour conserver, voire augmenter sa valeur patrimoniale ; ceci peut consister au maintien des activités traditionnelles, à l’utilisation de techniques modernes ou simplement à la surveillance d’une évolution naturelle, afin d’entretenir ou de modifier un équilibre écologique en fonction d’objectifs précis de conservation.

Afin d’assurer une continuité et une cohérence de la gestion dans l’espace et dans le temps, le gestionnaire rédige un plan de gestion. A partir des inventaires écologiques réalisés sur le terrain, le Conservatoire détermine les habitats naturels et les espèces à préserver en priorité en fonction de leur rareté, des menaces qui pèsent sur eux et de leurs exigences écologiques. Cette analyse permet de fixer des objectifs de gestion et à partir de là, de déterminer les actions à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs.

Télécharger le plan de gestion 2011-2015

 

La gestion des milieux naturels :
entre intervention et « simple » observation…

Résumons en quelques mots la gestion qui est menée sur les milieux de la Réserve Naturelle :

Le marais tufeux © R. Leconte

Le marais

Comme nous l’avons expliqué précédemment, le tuf empêche le marais de se boiser, ce qui permet, sans intervention de l’Homme, de préserver les espèces typiques du marais. Néanmoins, 3 hectares sont entretenus par pâturage. L’objectif est de préserver les prairies issues de la fauche des marges du marais.

Pâturage sur la pelouse © R. Leconte

La pelouse sèche

Vestige de défrichements anciens pour gagner des surfaces de pâtures, la pelouse du plateau dépend de l’Homme pour se maintenir. C’est ainsi que le Conservatoire, en partenariat avec des éleveurs locaux, a réinstallé du pâturage en 1998. Cet entretien que l’on peut qualifier de « traditionnel » permet de préserver les nombreuses espèces liées à ce milieu particulier.

© P. Bourguignon / Déclic Editions

La forêt

Deux cas de figure : 67 ha de forêt communale exploitée en futaie irrégulière par l’Office National des Forêts (pour le compte du SIGFRA, Syndicat Intercommunal de Gestion Forestière de la Région d’Auberive) ; et 47 ha de forêt appartenant au Conservatoire, laissés en libre évolution, autrement non exploitée.

Une forêt où l'on ne coupe plus d'arbres ?

Bois mort © P. Bourguignon / Déclic Editions

La priorité d'une réserve naturelle est la conservation de la biodiversité. Or, on oublie souvent le rôle majeur du bois mort dans la conservation des espèces qui peuplent nos forêts. On estime que près de 30 % des espèces vivant en milieu forestier sont liées au bois mort. A chaque stade de décomposition du bois est liée une communauté d'espèces : oiseaux cavernicoles, champignons lignicoles, insectes dont les larves se développent dans le bois en décomposition ou dans les champignons, etc. Les 47 hectares de réserve "intégrale" permettent ainsi à ces espèces d'accomplir leur cycle de vie et aux scientifiques de les étudier.